Exposition Kiefer-Rodin

14 mars 2017 au  22 octobre 2017
Musée Rodin - Paris 7e

À l’heure du centenaire de la mort d’Auguste Rodin, le musée affirme plus que jamais sa programmation en lien avec les artistes contemporains et donne carte blanche à Anselm Kiefer. Investissant la salle d’exposition, l’exposition témoignera de la rencontre singulière de ces deux géants, pétris de liberté et affranchis de toutes contingences artistiques.

 

Ses inédits en son musée
On y allait un peu à reculons. La grande exposition au Grand Palais. La petite au musée Rodin, qui ne pouvait pas passer à côté du centenaire, avec une idée qui semblait un peu forcée : 
Kiefer-Rodin, la confrontation d’un artiste contemporain allemand expert du monumental au maître de la statuaire. On a été conquis. Outre l’exposition, d’excellente facture, on a découvert… un autre Rodin.

Le musée ayant vidé certaines de ses salles en raison de ses nombreux prêts au Grand Palais, il les a remplies d’autres œuvres puisées dans le réservoir abyssal des 6 000  pièces du sculpteur. Certaines sont exposées pour la première fois.

Le colosse qui aimait l’argile
Comme une première fois amoureuse, « Assemblage » sidère par sa représentation directe d’un accouplement, à la fois poétique et presque dérangeant de réalisme. Ses contemporains parlaient de « rut » pour désigner ses nus.

Un Rodin à cru dans ses terres cuites où se distinguent ses traces de doigts. « Il malaxait la glaise avec furie, la roulant en boules, en cylindres, usant à la fois de la paume et des ongles, pianotant sur l’argile, la faisant tressaillir dans ses phalanges, tantôt brutal, tantôt caressant », a raconté Paul Gsell, qui l’avait suivi au quotidien et en avait tiré un formidable livre en 1911, « l’Art » (Grasset).

Ce Rodin-là — le vrai, disent ses plus fins connaisseurs —, plus amoureux de l’argile que du marbre, on ne le voit jamais. Il préfère aux grandes compositions le plâtre des premiers moulages, l’imperfection, les accidents, l’esquisse. « L’intimité du créateur ». 

La grande « Absolution », représentant un baiser caché par un drap, un instant sacré, semble presque abstraite, géniale et fracassée.